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11 juillet – 17 juillet : Le retour des pinzuti

Semaine contrastée entre fin en beauté sur l'île aux vaches sauvages et mission Mr. Propre sous la cagnasse du continent.

 

Lundi 11 juillet

Après notre torride épopée de la veille, nous prévoyons une journée au rythme local : pas trop vite le matin, doucement l’après-midi. Pendant que certaines flânent à la brocante du village, d’autres préparent le ravitaillement en prévision de la traversée vers le continent. Nous profitons de la dynamique initiée par le gingembre du délicieux dahl de lentille corail d’Alice pour commencer à préparer notre conférence de fin d’expédition. Nous n’en dirons pas davantage, mais venez nombreux !

Nous larguons les amarres en fin d’après-midi pour aller dormir en mouillage au frais : l’air est un peu suffocant à Macinaggio et cela commence à se sentir dans l’équipage...


La mer étant plutôt calme et le vent pas plus fringant que nous, nous nous essayons à un prélèvement au filet fermant. En effet, la zone du Nord de la Corse est prisée du LNE. Nous arrêtons donc le voilier au-dessus d’un fond de plus de 20m d’eau et y plongeons le filet. Malgré son lest, il se fait emporter par le courant, dont nous avions sous-estimé l’entrain du jour. C’est un coup de filet dans l’eau, mais heureusement SEA Plastics a plus d’un filet dans son coffre : changement pour un manta ! Notre échantillonnage Oceaneye finit sa course au large de la baie de Tamarone, qui sera notre hôte du jour.

Clara et Numa s’essayent à un mariage culinaire entre les indépendantistes Bretons et Corses : crêpes au sarrasin garnies d’une sauce au brocciu et lonzu. L’équipage se régale et le bateau n’explose pas, mission réussie et tous au lit !

 

Mardi 12 juillet

Réveil de rêve dans le calme bleuté de Tamarone. C’est matinée découverte : au drone, à la GoPro ou au bon vieux masque-tuba, chacun s’émerveille de cet écosystème préservé avec son jouet préféré. La baie est remplie d’animaux sous-marin. Nous y croisons de petites raies se dorant la pilule sur le sable blanc, et faisons un dernier adieu à nos compères à nageoires de ces dernières semaines. Oblades, castagnoles, girelles, dorades, sars, muraines... tous sont au rendez-vous ! Admirer tout ce beau monde demande cependant de slalomer entre les méduses, que nous n’avions pourtant pas conviées.

Dans le cockpit, c’est retour en enfance pour Anne-Laure et Nicole qui écossent des haricots verts. La nage a creusé nos estomacs, déjeuner Méditerranéen bien mérité. Il est animé par un jet-skieur qui fend l’eau si vite qu’il en perd son t-shirt. Chasse au trésor improvisée pour Nicole, guidée par les cris délicats de Clara qui ne perd pas le butin de vue, pour le plus grand bonheur de son propriétaire. Nous prenons ensuite un peu le large pour retenter notre chance avec le filet fermant. Cette fois c’est une réussite, le triplicat est prêt à être analysé.

Retour au port de Macinaggio en fin d’après-midi pour un stand de sensibilisation. Nous montons le camp devant la capitainerie, à l’ombre d’un murier-platane bien accueillant. Nous attirons l’attention de quelques familles curieuses en vacances dans le Cap Corse. Nous échangeons longuement, sensibiliser une famille est un exercice très important que nous n’avions pas tellement eu l’occasion de pratiquer jusqu’alors.


Pendant que la ratatouille mijote, nos voisins italiens, certainement intrigués par notre apéro à l’Antésite, nous remettent dans le droit chemin en faisant péter un Prosecco bien frais. Salute ! La discussion anglophone est balbutiante mais communicative, chouette moment. Nous partons nous reposer, repus de succulentes frites et de tomme de chèvre, en prévision de la traversée du lendemain.

 

Mercredi 13 juillet

L’épopée de traversée est entamée vers 9h, avec en prévision un vent Nord Est qui doit nous permettre de faire de la voile. Il est malheureusement plus capricieux que prévu et ne se lève qu’en milieu de matinée. La remontée du cap jusqu’à la Giraglia nous permet de ré-apprécier le paysage de la grimpette de dimanche dernier, sans l’arôme du randonneur transpirant. C’est tout aussi grandiose ! Éole nous pousse au travers alors on en profite : pour la première fois les trois voiles du bateau (génois, grand-voile et artimon) nous portent simultanément. Dans l’embarcation, l’ambiance est à la gourmandise et le four tourne à plein régime. Se succèdent salade de lentilles corail, tarte courgette-fêta, gâteau au citron...

Le vent faiblit petit à petit et nous oblige à la redoutable « risée Perkins ». Nous nous autorisons néanmoins une trempette revigorante, à base de plongeons olympiques face au soleil et d’une mission étoiles de mer à l’arrière du bateau. Notre tintamarre attire la curiosité des locaux. Une grannnnde raie frôle le bateau, et plus au loin des baleines s’amusent à arroser la mer.

Un traditionnel curry de pois chiches Delille redonne des forces à l’équipage, affamé de n’avoir presque rien fait de la journée. Le dîner se clôt sur un rougeoyant passage de témoin entre soleil et super lune du tonnerre. C’est une chance de naviguer sous une lune aussi lumineuse, l’horizon reste visible ce qui rassure l’atmosphère. Il faut néanmoins rester aux aguets pendant les quarts car la mer ligure est bien empruntée cette nuit. On y croise même Flipper le dauphin, il fait du zèle à côté du voilier.

 

Jeudi 14 juillet

Jour de fêtes ! Cocorico bien sûr, mais aussi 23 bougies à souffler pour Laurine. L’équipage se réveille en décalage, suivant son rythme de quarts. Dès le lever du soleil se distinguent le continent et les îles du Levant. L’entrée dans la rade d’Hyères est longue mais animée par de nombreux voiliers naviguant sous spi en sens... inverse ! Nous avons vraiment l’air de marins d’eau douce.

Il est 11h30 lorsque nous mouillons devant la plage de la Capte, que nous retrouvons exactement un mois après l’avoir quittée. Le grand nettoyage du navire est lancé. Nous livrons notre première bataille à l’eau de mer. Astiquage de la coque et décrassage du pont ne sont pas de refus et l’huile de coude a la cote. Nous fêtons cette première victoire avec le biscuit de savoie d’anniversaire de Laurine. 3 étoiles pour chef A-L. Nous rentrons ensuite au port d’Hyères pour la deuxième manche de notre combat contre la crasse. Cette fois-ci on s’attaque à l’intérieur de la bête, les fonds de cale sont des puits sans fond. Heureusement qu’un renfort de plus nous rejoint : c’est Antoine, le copain de Laurine !

Après deux bonnes heures de lutte, nous battons en retraite pour profiter de la soirée. Nous sortons diner dehors dans un trop bon restaurant et fêtons l’anniversaire de Laurine sous la musique du port d’Hyères.

 

Vendredi 15 juillet

C’est parti pour le jeu des affaires musicales. Entre le chargement que nous emporterons sur le prochain bateau, celui que nous stockons à terre et les affaires du propriétaire du Five que nous devons remettre en place, il y a du boulot !

Le nettoyage du bateau s’effectue en parallèle, grâce au soutien de la famille d’Alice qui nous ravitaille en aspirateur. Notre efficacité est réjouissante et une grande partie du travail est accompli dans la matinée.

L’après-midi nous sourit moins, nous nous heurtons à la réalité des congés payés, qui limite notre efficacité de réparation de petits bobos du Five. Nous retenterons notre chance demain ! Bonne nuit les petits.

 

Samedi 16 juillet

C’est le jour d’embarquement sur notre nouveau navire ! Haumana, l’esprit libre en Polynésien, est notre hôte pour les deux dernières semaines de voyage. Il s’agit d’un Jeanneau Sun-Fizz de 1983 et de 40 pieds de long. C’est toujours un monocoque mais il est bien plus petit que les précédents, alors on ne prend que le nécessaire, matériel scientifique et de sensibilisation en tête. Julien est le propriétaire de ce voilier et sera notre capitaine sur cette côte d’Azur qu’il connaît comme sa poche. Nous l’avitaillons au port d’Hyères, à côté du Five. Les jarres rentrent sur le pont, ouf !

Nous ne perdons pas nos bonnes habitudes et continuons d’éparpiller nos affaires. Cette fois c’est Elisa, la copine de Julien, qui a tiré le gros lot en héritant d’un lot d’échantillons scientifiques dans son congélateur. Félicitations à elle.

En parallèle, nous soignons le Five de ses écorchures à coup de rouleau de peinture et de greffe de serrure. Nous l’astiquons généreusement une dernière fois pour qu’il retrouve sa brillance d’antan et basculons sur son compère pour y passer notre première soirée.

 

Dimanche 17 juillet


Réveil en douceur, les matelas d’Haumana ont notre approbation unanime. Laurine poursuit la vérification du matériel en s’attaquant au four, véritable pilier de notre bien-être d’épicuriens. Son gâteau au chocolat sert de témoin et réussit le test avec brio. Il fait le bonheur d’Elisa et Julien, venus en famille pour la journée à Porquerolles.


Nous y sommes en effet attendus pour une sensibilisation qui marque le retour du Five à son port d’attache. Nous profitons donc du bon vent de la fin de la matinée pour rejoindre l’île. Pendant que le Five reprend sa place de port, Haumana mouille devant la plage.

Le stand de sensibilisation est dressé en cours d’après-midi sur le quai d’arrivée du port. Nous y croisons une foule nombreuse en ce jour de fin de week-end prolongé. Tous n’ont pas forcément beaucoup de temps à nous accorder car sinon « on va rater la navette », mais ceux qui avaient pris de l’avance échangent avec intérêt. Encore une fois, les échanges sont principalement familiaux, même si nous avons aussi eu la chance d’accueillir des groupes de jeunes en colo.

Après 3 heures intenses de discussion, nous quittons le port de Porquerolles en faisant un dernier adieu ému au Five.

Enfin, dîner animé sur Haumana où nous rencontrons un ami de Julien, également skipper dans la région. Hâte du grand départ...

 

À la semaine prochaine !

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