Description du projet

La pollution invisible en Méditerranée

A l’occasion de la COP21, de nombreux scientifiques ont tiré les sonnettes d’alarme quant à la santé de nos océans. Les activités humaines rejettent plus de 20 milliards de tonnes de déchets dans les océans, dont 9 millions de tonnes de plastique.

Le problème vient du fait que le plastique est très résistant. Par exemple, le PET (Polytéréphtalate d’éthylène) qui compose les bouteilles d’eau et de soda, et autres emballages alimentaires, a une structure chimique particulièrement difficile à dégrader pour les êtres vivants.

Formule développée du PET

 

On estime que la durée de vie d'une bouteille de plastique dans la nature est de 100 à 1000 ans. Il en résulte que les déchets plastiques s'accumulent, notamment en Méditerranée. Ce plastique peut être retrouvé flottant au large des côtes, mais la majeure partie de cette pollution est invisible, microscopique.

Durant son séjour en mer, le plastique se décompose sous la forme de microparticules appelées les microplastiques. Pour certains invisibles à l’oeil nu, ils sont présents dans certains endroits de la Méditerranée en même quantité que le plancton. Ces derniers les ingèrent en filtrant l’eau, et contaminent donc l’ensemble de la chaîne alimentaire. Cette myriade de petits fragments pose problème car ils sont ingérés par différents animaux (poissons, mollusques, tortues, oiseaux marins, etc...) et comme ils ne sont pas digérés, ils ont tendance à s'accumuler dans leurs organismes. Comme, par ailleurs, ils ont la propriété de fixer des polluants chimiques, ils empoisonnent ces animaux, et par suite éventuellement l'Homme via la chaîne alimentaire.

La Méditerranée bénéficie d’une biodiversité riche et unique. Pour la préserver, une remise en question du cycle de vie des produits en plastique est nécessaire !

 

Une économie circulaire basée sur un suivi environnemental

Actuellement, le modèle de développement du plastique repose sur une chaîne linéaire en trois étapes : extraire la matière première (le pétrole), fabriquer, jeter.

D’après les résultats des rapports d’analyse présentés par la Fondation Ellen MacArthur lors du Forum économique mondial de Davos (2016 et 2017), une « Nouvelle Economie des Plastiques » est possible en se basant sur une économie circulaire. Selon l’ADEME, l’économie circulaire se définit comme un système économique d'échange et de production qui, à tous les stades du cycle de vie des produits (bien et services), vise à augmenter l'efficacité de l'utilisation des ressources et à diminuer l'impact sur l'environnement.

> Consultez les rapports de la fondation Ellen MacArthur! <

Ces rapports on fait l’objet d’un séminaire au ministère de l’économie à Paris le 13 décembre 2017, auquel nous nous sommes rendus pour rencontrer les différents acteurs impliqués dans la chaîne de valeur du plastique. Le schéma de la nouvelle économie du plastique y a été présenté et prend en compte 3 étapes majeurs :

  1. Créer une économie de fin de vie des plastiques (recyclage, réutilisation, autres matériaux)

  2. Réduire de manière drastique les fuites de plastique vers les systèmes naturels ainsi que les autres externalités négatives

  3. Découpler la production de plastiques des matières premières fossiles

Ce modèle semble actuellement négliger l’importance d’un suivi environnemental.

En effet, comment mesurer de manière quantitative les fuites environnementales sans un suivi annuel sur le terrain ? Comment évaluer l’impact des nouveaux matériaux sur les écosystèmes sans une analyse scientifique menée par les laboratoires spécialistes ? Enfin, comment toucher les consommateurs au sujet de cette pollution pour stopper les fuites à leur source ?

En intégrant le suivi environnemental au schéma proposé, on obtient le suivant :

Afin de mettre en place une économie circulaire bien pensée à tous les niveaux, notre association a choisi de s’impliquer dans le suivi environnemental en organisant chaque année une expédition scientifique en Méditerranée pour étudier l’impact des déchets plastiques sur la biodiversité.

 

SEA Plastics : une association gérée par des étudiants

SEA Plastics en une association de loi 1901 créée en 2016 par 3 étudiants d’AgroParisTech, grande école d’ingénieurs en sciences du vivant et de l’environnement. Passionnés par la mer et la voile, Simon, Ernest et Aymeric ont alors l'idée de mettre à profit 6 mois de leur vie, et leur bagage scientifique, pour étudier et défendre ce milieu qui leur est si précieux : la mer. Ils créent alors cette association, décident d’étudier les plastiques et se focalisent sur la mer Méditerranée. Ils achètent notre bateau, Le labo, l'adaptent aux analyses scientifiques, et testent les premiers protocoles lors d'une première expédition.

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En 2017, une nouvelle équipe reprend les rênes de l'association pour mettre en place une seconde expédition. 100 % féminine, cette équipe a pour objectif de consolider les volets scientifiques, communication et logistiques de l'association. Une organisation annuelle est mise en place : l'équipe "mer" est constituée des étudiants qui partent en expédition pendant leur année de césure (entre Bac+4 et Bac+5), et l'équipe "terre" est le relais de l'équipe "mer" pendant l'expédition. L'année suivante, l'ancienne équipe terre devient alors la nouvelle équipe "mer", ce qui assure un roulement annuel et rend le projet durable.

> Rencontrez nos équipes! <

 

Récupérer des données pour la recherche scientifique

Comme nous l’avons déjà souligné, les microplastiques sont ingérés par différents animaux marins et comme ils ne sont pas digérés, ils ont tendance à s'accumuler dans leurs organismes. L’ensemble de la chaîne alimentaire est donc touché, et ceux qu’on appelle les « top prédateurs » (qui n’ont pas de prédateurs, ici cétacés et requins) ont tendance à accumuler le plus de plastiques : c’est le phénomène de bio-accumulation.

Chaîne alimentaire marine contaminée par le plastique

Du fait du nombre d’espèces touchées (dont l’homme, top-prédateur ultime) l’étude de l’impact des déchets plastiques sur la biodiversité marine doit prendre en compte un maximum d’espèces.

 

Nous avons ainsi fixé notre programme scientifique : étudier l’impact des déchets plastiques sur le vivant, de la bactérie à la baleine.

 

Pour chacun des axes des recherche abordés, nous travaillons avec des laboratoires spécialisés avec qui nous mettons au point les protocoles d’études. Nous partageons avec eux les données et les échantillons prélevés en mer pour que les analyses soient menées par des spécialistes pour certaines données, ou par nous-mêmes lorsque les analyses nécessaires correspondent à notre parcours scientifique. Nous recherchons chaque année de nouveaux partenaires scientifiques pour élargir notre domaine d’étude !

> Découvrez nos partenaires scientifiques <

Cette approche fournit des données complémentaires à celles récoltées par d’autres expéditions comme TARA, Expédition MED ou encore Expédition 7° Continent.

 

Lors de l’expédition en mer, notre bateau sera équipé d’une balise GPS pour suivre nos déplacements par télédétection. Notre cap sera déterminé grâce à une modélisation mathématique des zones de forte concentration en plastique qui comprend les courants marins, la température, la direction et la force du vent, la densité des déchets plastiques ...

 

5 mois d'expédition sur Le Labo : un challenge sportif

Jean-Pierre Dick, quadri vainqueur de la transat Jacques Vabre, 4ème du Vendée Globe, vétérinaire, diplômé d'HEC, ce niçois hors du commun nous soutient personnellement dans notre aventure !

Notre parrain et modèle

En réalité, notre expédition repose surtout sur notre bateau, Le Labo, un ketch de 15 m de long qui a déjà fait ses preuves lors de l'expédition 2017 !

Bien qu'un certain nombre de réparations et d'aménagements restent encore à faire pour le rendre plus fonctionnel pour les analyses scientifiques, ce fameux deux-mâts fait la fierté de Sea Plastics !

Nous avons dédié tout un journal de bord au Labo, alors n'hésitez pas à y faire un tour pour vous rendre compte du travail accompli pour le restaurer !

 

Sensibiliser les consommateurs

80% des déchets plastiques retrouvée en mer proviennent des continents.

Pour stopper la pollution à la source, nous souhaitons aller à la rencontre du public pour sensibiliser les consommateurs aux enjeux de la pollution plastique, apprendre à bien trier les déchets, voire à changer ses habitudes pour un mode de vie plus écologique.

Pendant notre expédition, nous donnerons des conférences dans les ports d'escale pour aller à la rencontre de la population locale et raconter comment se déroule notre expédition. 

> Voir les prochains événements! <

Comme nous nous devons d’être exemplaires sur la gestion écologique des déchets, nous avons lancé le challenge "zéro déchets à bord !". L'objectif est d'adopter un mode de vie plus écologique sur le labo pour produire le moins de déchets possibles. Vous retrouverez toutes nos astuces dans le journal de bord de l'équipage.

Pour les plus jeunes, suivez les péripéties de notre expédition en vous abonnant aux carnets de vols d'Iza la mouette, la mascotte de Sea Plastics !

Pour les collèges / lycée, suivez notre expédition avec le programme Argonimaux du CNES ! Au programme : géolocalisation du Labo en temps réel, télédétection et modélisation des zones de forte concentration en plastique, test de protocoles mis au point par les élèves pendant l'expédition...

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