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28 Mai - 5 Juin : Port Saint-Louis du Rhône à Gruissan

Mis à jour : juin 22

Jeudi 28 Mai


8h du matin, valises en main, j'attends mon bus. Ça y est, ce moment était enfin arrivé, j'allais rejoindre l'équipe de SEA Plastics sur le Dune ! Une nouvelle aventure qui allait commencer pour moi. Après 6h de train, bus, correspondances, j'aperçus enfin Benjamin qui venait me cherchait à la gare, avec la voiture d'Erick. "On a bien cru que tu ne pourrais jamais nous rejoindre Elora" a-t-il lancé.

Après 45 minutes de voiture, nous étions au port Saint-Louis du Rhône. Voilà le Dune en face de moi, à sec. Après avoir monté l'échelle de 4 mètres de haut, je me familiarisais avec le bateau. Pendant ce temps, Benjamin était fier de polir l'hélice, Erick peignait la coque. Et voilà que la nuit tombait, la première que j'allais passer sur un bateau.


Vendredi 29 Mai


Après 4 jours à sec, il était enfin temps de mettre le Dune à l'eau et de poursuivre notre route. La mise à l'eau s'est faite vers 9h30, une heure après celle du Labo. Premier bateau de l'expédition SEA Plastics, il avait accompagné l'association pour les expéditions 2017 et 2018. Une agréable coïncidence.

Enfin à l'eau ! J'allais faire ma première journée de voile au sein de SEA Plastics mais aussi mon baptême de navigation.

Pas encore sortis du port, l'annexe s'était détachée. Cosme qui avait fait le nœud, dû alors plonger dans l'eau pour aller la chercher. Brrr pas chaude apparemment.

Après un échantillonnage à l'embouchure du Rhône, nous étions partis pour rejoindre Port Camargue. Peu à peu la houle et le vent augmentait. Grosse erreur de débutant, personne n'avait revérifié la météo avant de partir. Outre la houle de 3 mètres et les rafales de vent à 30 nœuds, nous n'avions pas remonté l'annexe. Une sacrée contrainte que nous nous étions imposée. Impossible de la remonter avec ce temps, il fallait faire avec. Pour éviter qu'elle ne se retourne et que l'on perde l'annexe ainsi que le moteur, il fallait éviter qu'elle surf sur les vagues, et donc adapter notre trajectoire. Cléa s'occupait de surveiller l'annexe. Erick à la barre. Cosme le remplaçait parfois. Je tentais de me concentrer sur l'horizon pour éviter le mal de mer. Benjamin restait près pour la moindre manœuvre à faire. D'un seul coup Cléa s'écria "l'annexe !". Tout le monde tourna la tête ... l'annexe s'était encore détachée, mais cette fois avec une houle de 3 mètres et des rafales de vent de 30 nœuds. La pression monta d'un coup. Nous avons allumé le moteur et enroulé le génois. Erick mena le bateau de manière à ce que la houle ramène l'annexe vers nous. Avec beaucoup de pression et plusieurs essais, nous avons finalement réussis à rattraper l'annexe. On l'attachait pour la troisième fois ce vendredi.

Et j'entendais "bordez !", "choquez !", "ouvrez le génois !", "fermez la GV !", "passe-moi le winch !" ... Un véritable langage que je découvrais à peine. Un sacré baptême de voile !

Vers 21 heures, la fatigue, le froid et la faim se faisaient sentir. Benjamin décida alors de préparer le repas malgré ce temps : saucisses - lentilles. Soudain "attention grosse vague!!" s'écriait-on sur le pont. Benjamin eu de la peine à se tenir et sauver notre repas. Il abandonna son idée et nous servi des lentilles froides. Erick n'eu même pas envie d'en manger. Pauvre Benjamin !

Le soleil se couchait, on commençait à apercevoir les étoiles. Il était presque minuit et, enfin, on voyait la côte !

Arrivée prévue vers 16 heures nous arrivons enfin au port Camargue à 1 heure du matin, Samedi 30 Mai. Ce n'était pas tout mais nous avions encore faim. Et c'est parti pour saucisses - petits pois, à 2 heures du matin.

Samedi 30 Mai


Bonne grasse matinée pour ce samedi. Benjamin, premier levé, nous ramena des viennoiseries et du pain frais. Miam miam.

10 heures et il était déjà temps pour Benjamin de monter au mat pour décoincer la poulie.

Une intervention bien qu'excitante, assez dangereuse. Erick et Cosme étaient là pour l'assurer. Pendant ce temps, je prenais quelques photos et vidéos pour immortaliser ce moment. Ça y est, Benjamin était en haut du mat à 18,5 mètres de haut ! Sacrée vue apparemment.


Pas de temps à perdre. Il était temps pour notre équipage de reprendre la route vers Sète. Au départ de port Camargue nous avons réalisé un point d'échantillonnage. Tout se déroulait pour le mieux, il faut dire que c'est plus rapide à 4 qu'à 3 ! Après une bonne séance de travail, c'est Cléa au fourneau ! Erick tente de lui apprendre "la" bonne recette du pan bagnat. On la charriait sur les efforts qu'il lui restait à faire pour la présentation du sandwich. Une navigation tranquille, bien méritée après la journée de la veille. La rapidité du Dune s'est faite sentir quand nous avons dépassé un voilier qui était pourtant au départ loin devant nous ! Petit geste de la main pour les saluer, affichant une petite fierté personnelle de les avoir devancés.

Vers 18 heures, enfin arrivés à Sète, nous avons amarré le bateau sur le quai. Erick nous fit une rapide visite de la ville de Sète. Une nouvelle nuit au port mais cette fois-ci avec deux invités. C'était mon premier repas à préparer, la pression ! Il faut dire qu'Erick est pointu en matière de cuisine.

Dimanche 31 Mai


Jour de marché à Sète, toute la bande part découvrir les bons produits frais sétois, coquillages, tielles, légumes et fruits divers et variés. Après un bon repas local, l'équipe SEA Plastics était repartie pour quelques heures de navigation tranquilles en direction du Cap d'Agde. Pas d'échantillonnage pour aujourd'hui. Arrivés dans l'après-midi, les plus motivés sont allés sur la plage du Cap d'Agde, particulière par sa géologie d'origine volcanique.

Après cela, nous avons rencontré Raid Wine, un projet d'étudiants ingénieur agronome s'intéressant aux conséquences du réchauffement climatique sur les cultures viticoles. De quoi échanger sur nos projets respectifs.






Lundi 1er Juin

Lundi matin, l'équipage est d'attaque pour une nouvelle semaine ! Au programme: remonter le fleuve de l'Hérault pour un nouvel échantillonnage ! Heureusement pour cette fois, la remontée est faisable en voilier. Plus besoin de se soucier de l'annexe qui se dégonfle ou de son moteur qui tombe en panne. Ouf !

Une remontée paisible, une flore spécifique à ce milieu presque marécageux, quelques canards col vert passent par ci par là. Et nous, à traîner un filet manta. Les quelques pêcheurs et passants nous regardaient depuis la rive. Benjamin les a rejoint pour jouer avec son drone et nous faire quelques vidéos de qualités.

Après une matinée d'échantillonnage, nous avons marché dans les rues du village d'Agde. Nous laissant aller dans les ruelles encore calmes, nous observions l'architecture basaltique des anciens bâtiments. Puis soudain, un déchet plastique au sol nous sortit de notre balade rêveuse. Il n'y en avait pas qu'un, mais deux, trois ... dix et biens plus encore ! Nos petits bras ramassèrent ce qu'ils pouvaient. Ce moment nous a confirmé le travail qu'il restait à faire en terme de sensibilisation sur la pollution plastique. Alors après une petite glace, pas de temps à perdre, on organise nos prochaines interventions dans les ports, sur les marchés, dans des événements.

Mardi 2 Juin


Il était temps de repartir du Cap d'Agde pour rejoindre Gruissan. Il s'agira du dernier village de ce premier tour d'échantillonnage. A l'embouchure de l'Hérault, petit point d'échantillonnage, le 8ème et avant dernier. Et c'était parti pour 4 heures de navigation.

L'accueil à Gruissan fût agréable. Ils avaient gardés en mémoire le passage de l'équipe 2019, un souvenir riche d'échanges et d'apprentissages sur la pollution plastique. Et ça y est, une conférence de SEA Plastics était programmée pour notre deuxième passage à Gruissan.

Après avoir nettoyé le bateau, personne n'oublia que nous étions aujourd'hui le 2 Juin, une date marquante du déconfinement.

Que cela signifiait-il ? Réouverture des restaurants. Et c'était parti pour le premier restaurant de SEA Plastics.



Mercredi 3 Juin


Réveil en douceur, petit déjeuner au soleil, nous commencions à discuter du départ pour la Corse. Un bon coup de Mistral était en cours jusqu'à Vendredi 5 Juin, il était dangereux de traverser la Méditerranée dans ces conditions. Il a donc été décidé d'attendre la bonne fenêtre météo, à Gruissan. Nous ne chômions pas pour autant ! Il fallait continuer l'analyse de nos échantillons, monter les vidéos, appeler tous les ports pour notre deuxième tour, finaliser le planning, faire les réparations nécessaires sur le Dune et j'en passe. Malgré une équipe SEA Plastics en plein travail, nous trouvions le temps de converser avec les retraités de Gruissan, fiers de ce que nous accomplissions.


Jeudi 4 Juin


Le vent se calme, nous pouvons alors aller réaliser le dernier point de ce premier tour d'échantillonnage. Laissant Benjamin à la corvée courses, nous partons en mer réaliser un échantillon entre Gruissan et Leucate. De retour pour le déjeuner, nous nous remettons à la tâche. Le temps passe, nous entendons le mistral faire siffler les mats des bateaux dans le port.

Vendredi 5 Juin


Comme tous les matins depuis notre arrivée au port de Gruissan, nous étudions la météo pour une éventuelle fenêtre météo nous permettant de traverser la Corse. Et cette fois-ci était la bonne... Ça y est ! La fenêtre météo était là. Il fallait partir au plus tard le lendemain matin pour avoir pile le temps de traverser la Méditerranée en direction de la Corse. Cela nous laissait exactement 72 heures avant qu'un deuxième coup de mistral ne nous tombe dessus. Il était donc temps de vérifier les moindres détails pour la traversée. Avions-nous suffisamment de provisions ? Le réservoir d'eau était-il rempli ? Avions-nous un peu de carburant en cas de besoin ? Le bateau était-il rangé de manière à ce que rien ne tombe pendant la gite ? Tant de petits détails qui nous ont bien pris la journée. Il nous restait encore à organiser les quarts. Accompagnés d'un invité, nous étions donc 6 sur le bateau. Il s'agissait donc de faire deux équipes de 3 personnes afin de se relayer jour et nuit. Vendredi soir, nous étions prêts. Il était l'heure d'aller au lit pour une bonne nuit de sommeil. N'ayant jamais fait de traversée, j'appréhendais cette nouvelle aventure qui nous attendait. Cléa pensait déjà aux mammifères marins que l'on pourrait voir.

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